Psycho

Alexithymie, le trou noir émotionnel

par Isie DA
20 Sep 2017
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Vous connaissez Clarisse, mon amie. De nature sympathique, un poil décalé, résolument pragmatique, pour ne pas dire « terre à terre ». Certains trouvent qu’elle manque d’imagination, moi, j’envie sa capacité à surmonter un élan de colère et ne jamais se répandre en sentiment. Clarisse est aussi très sujette à l’eczéma. Pourquoi vous raconter tout ceci ? Parce que j’ai appris un mot : alexithymie. C’est le mal dont souffre ma jolie Clarisse. Une incapacité réelle à extérioriser ses émotions ; et donc, des conséquences psychosomatiques qui en découlent. Explications !

Alexithymie, quand les émotions font silence

 

Introduit par le psychanalyste Peter Sifnéos, le terme alexithymie naît de la contraction grecque des termes privatif, mot et humeur. Une combinaison qui mit bout à bout témoigne de la difficulté, voire l’impossibilité pour une personne de comprendre ses propres sentiments. Donc, de les exprimer, et à plus forte raison, de comprendre ceux des autres.

La personne alexithymique perçoit les réactions de son corps, peut les décrire, mais elles lui semblent incompréhensibles, inexplicables. Si une accélération du rythme cardiaque une transpiration excessive ou les joues rouges apparaissent pour la plupart des gens comme une réaction au stress ou à la colère, une personne alexithymique ne parvient pas à faire le lien entre émotions et réactions physiques.

En parallèle, une personnalité alexithymique manque souvent d’imagination, rêves peu et décrit le monde qui l’entoure de façon très pragmatique. Ce que l’on pourrait prendre pour un trait de caractère est, en réalité, un trouble autistique léger.

A cela, plusieurs causes :

  • le trouble est inné, il résulte d’une mauvaise connexion entre différentes zones du cerveau
  • il est survenu lors de l’enfance en réaction à un manque d’amour, des parents instables, ou encore une éducation très stricte, qui peuvent bloquer le développement affectif
  • le trouble fait suite à un traumatisme, à n’importe quel âge de la vie

 

Alexithymie, une incompréhension quotidienne

 

Outre sa propre difficulté à percevoir ses émotions, une personnalité alexithymique subit le regard, parfois réprobateur, de son entourage.

Une personne alexithymique pourra paraître étrange, voire insensible.

On lui reproche de faire preuve d’égoïsme.Un manque d’empathie pourtant attendu puisque la personne n’a pas ou très peu conscience de ses propres sentiments : elle peut donc difficilement appréhender ceux des autres.

En réaction, une personne alexithymique fuit souvent les situations courantes de la vie sociale : repas, fêtes… Si elle n’est pas entourée par un cercle d’amis tolérants, elle risque de s’isoler et de s’enfermer dans une sorte de dépression.

De plus, sa difficulté à réguler ses émotions, à gérer le stress peut rejaillir à travers différents troubles psychosomatiques plus ou moins graves comme l’asthme, les maladies de peau, des troubles du comportement alimentaire, voire des addictions diverses.

En amour, son partenaire lui reproche de ne pas exprimer ses sentiments et peut se sentir rejeté. Clarisse n’a que trop souvent du faire face à ce problème avec Edouard !

Alexithymie, une situation réversible…

 

La personne alexithymique, n’ayant pas conscience de la nature de son problème, se concentre souvent sur les symptômes physiques.

Même si elle ne ressent pas le besoin de consulter un psychologue, c’est pourtant la clé de la guérison et la voie d’une solution à beaucoup de ses problèmes.

Avec l’aide d’un professionnel, Clarisse a peu à peu appris à décoder le langage de son propre corps, à identifier ses émotions, à les communiquer, les extérioriser.

Même si tous ces concepts lui ont paru très flous dans un premier temps, elle n’a pas perdu courage et a progressé, avec le temps, comme dans une longue rééducation ! D’autres possibilités existent comme les thérapies de groupe, ou la musicothérapie.

Comment mieux appréhender cette pathologie ?

 

D’après une étude parue en 1995 (Prévalence de l’alexithymie en population générale chez 183 sujets tout venant et chez 203 étudiants » Annales médico-psychologiques),

près de 20% de la population souffrirait d’alexithymie

Si vous vous reconnaissez dans la description de mon amie et que vous avez aussi du mal à parler de vos émotions et à interpréter ce qui se passe en vous lors de situations difficiles, vous êtes peut-être atteint d’alexithymie. Vous pourrez le savoir de manière plus sûre grâce à des tests psychologiques : renseignez-vous auprès de votre médecin !

Si c’est le cas, il est important de se soigner, mais aussi de conserver une vie sociale, auprès d’amis qui vous comprennent, et souvent vous apprécient ! Ne vous coupez pas du monde, et méfiez-vous des « remèdes miracles » qui deviennent souvent addictifs. Gardez confiance !

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